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2015 dans le retroviseur (2)

1 janvier 2016 | 0 commentaire

Les six derniers mois de 2015 dans les territoires : les conséquences de la crise grecque (juillet), la France incroyable (août), manifester ou consulter ? (septembre), coup de gueule (octobre), les maires et le réconfort (novembre) et le débat tronqué des régionales (décembre). Voici la deuxième partie de la rétrospective 2015.

Juillet. Le Grexit (possible) et les emprunts toxiques

Les collectivités locales françaises sont-elles concernées par une (possible) sortie de la Grèce de l’euro ? Autrement dit par le « Grexit ». Beaucoup plus qu’on ne pourrait l’imaginer de prime abord ! De manière macro-économique, la conséquence d’une défaillance grecque représenterait pour la dette publique française l’intégration dans le stock national d’un peu plus de 70 milliards d’euros, ce qui représente 1000 euros par Français. Ce chiffre s’ajouterait donc aux quelques 2000 milliards de dette publique. De plus, ce chiffre représente environ le tiers de la dette cumulée de toutes les collectivités locales françaises, laquelle s’élève à un peu plus de 200 milliards d’euros en 2014.

Août. La France incroyable

Olivier Marchon a récemment publié un atlas de la France incroyable. L’occasion de parcourir les territoires d’aujourd’hui d’une façon originale. Un exemple avec le changement de nom des communes. A la Révolution, plus de 1200 des 44000 communes changèrent de nom ! Il fallait en effet effacer ce qui rappelait par trop l’Ancien Régime. Saint-Lô devint « Rocher-de-la-Liberté » ; Bordeaux, « commune Franklin » ; Versailles, « Berceau-de-la-liberté ». Finalement, une cinquantaine de villes gardèrent leur nom révolutionnaire, dont Toul, qui s’appelait saint-Stanislas en 1789.

Septembre. Manifester ou consulter ?

Comment qualifier la manifestation nationale des maires du 19 septembre contre la baisse des dotations de l’Etat ? Ce signal inédit paraît en effet contradictoire avec les efforts entrepris par de nombreuses collectivités pour pallier la baisse de dotations de l’Etat et participer ainsi au redressement des finances publiques de la France. N’y aurait-il pas une autre méthode ? Pourquoi ne pas consulter les citoyens sur le niveau de service public local ?

Octobre. Coup de gueule !

Regardons les fonctions antérieurement occupées par certains Premiers présidents de la Cour des comptes. Les intercommunalités ont vu leurs dépenses augmenter fortement en vingt ans. Mais rappelons juste que le « père de la loi de 1992 », qui rend possible ces dépenses,  a été ensuite Premier président de la Cour des comptes pendant huit ans, de 1993 à 2001. A l’époque, le mot d’ordre était clair : il fallait créer « son » intercommunalité. Et pour ce faire, l’Etat allouait des dotations très généreuses. En regardant une intercommunalité en particulier, il est un exemple qui ne manque pas de sel : l’actuel locataire de la rue de Cambon a vu la dette de la collectivité qu’il présidait alors augmenter de plus de 50% en … trois ans, de fin 2004 à fin 2007, avec moult emprunts structurés. C’était à la communauté d’agglomération Grenoble Alpes métropole, avec un endettement par habitant sept fois supérieur à celui de Saint-Etienne…

Novembre. Les maires, la Nation, le réconfort.

Ouvertes. Désenchantées. Désacralisées. Telles sont les caractéristiques de nos sociétés. Il est important de rappeler qu’en ces temps noirs, le maire est cette personne publique présente sur tout le territoire qui va écouter et réconforter nos concitoyens. Sur l’ensemble du territoire national, tous les maires sont présents sur le terrain depuis les attentats du vendredi 13 novembre. Ils écoutent, ils rassurent, ils expliquent. Ils renseignent aussi les forces de police et de gendarmerie.

Décembre. Les régionales, un débat tronqué

Écrasée par la perspective de la présidentielle, la campagne des élections régionales a fait l’impasse sur les vrais sujets. Comment pourrait-il en être autrement ? Les régions ne disposent que de compétences affectées et agissent à l’intérieur d’un cadre contraint par la loi et contrôlé par le préfet. C’est là le drame des régions : elles n’ont pas de pouvoir réglementaire autonome et la quasi-totalité de leur budget est « mangé » par des compétences obligées. Avec la suppression de la clause générale de compétence, la suppression de toute marge de manoeuvre fiscale et la forte baisse des dotations, les élus régionaux vont devoir faire preuve d’inventivité…

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