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Y-a-t-il un pilote dans l’aéroport ?

12 mars 2019 | 0 commentaire

ADP, les départements, l’État. Décidément, et à quelques jours de la clôture du grand débat national, le thème Paris-province fait toujours recette. Dernier avatar : les aéroports franciliens gérés par Aéroports de Paris (ADP). Ils sont, à ce jour, les seuls grands aéroports français dans lesquels les collectivités territoriales n’ont aucune participation. En même temps, on ne sait jamais avec les zélus, non ? Surtout dans la région capitale dont le statut doit bouger, va bouger, enfin peut-être. Allez, dégagez la piste pour un décollage du statut sans encombre. Non mais…

Mirage (de l’inutilité). Entre l’Etat et les départements, le feuilleton tourne à l’amour haine, surtout en Ile-de-France. Souvenez-vous en effet. Ce quinquennat avait deux mois. Le centralisme remplaçait les discussions avec les zélus. La disparition des départements franciliens perçait sous les interventions martiales du chef de l’Etat. Qu’on se le dise, ces collectivités devaient disparaître devant la montée en puissance de nouveaux ensembles, modernes, dynamiques et moins coûteux. Toutefois, la récente entrée dans le capital de l’État néerlandais dans le groupe Air France-KLM aurait incité les départements franciliens à camper sur le tarmac, pour entrer dans les négociations.

Rafale (des propositions en). Ainsi, tels un commando des forces spéciales, les sept départements d’Ile-de-France – l’Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et les Yvelines – sont aujourd’hui candidats pour atterrir au capital du gestionnaire des aéroports parisiens ADP, lequel fait l’objet d’un projet de privatisation. Le missile indépendant à tête chercheuse serait Ardian, le plus gros fonds européen d’infrastructures. Ardian est également une ancienne filiale d’Axa et qui détient des participations dans de nombreuses infrastructures en Europe – aéroports, réseaux de gaz et d’électricité, autoroutes. Les départements proposent de racheter près de 30% des parts d’ADP sur les 50,6% que possède l’État. Ils pourraient avoir à débourser pour cela 3 milliards d’euros. À l’issue de l’opération, l’État conserverait 5% du capital d’ADP.

Concorde (des stratégies). Et si c’était les collectivités locales qui participaient au maintien d’une présence publique dans un secteur stratégique ? Et plus précisément les départements. Avouez que ça ne manquerait pas de sel que, en 2019, en sortie de grand débat national, ce soit les collectivités départementales, vouées aux gémonies dès que le vent de la réforme souffle, qui permettent de  maintenir sur la piste une présence financière publique et éviter, demain, une perte totale de contrôle. Un peu à l’image de ce qui se pratique aujourd’hui pour les autoroutes… Les départements concernés disent vouloir éviter qu’ADP tombe entre les mains d’opérateurs purement privés qui chercheraient davantage le rendement financier que l’aménagement des territoires environnants. C’est drôle ! On croirait entendre l’opposition parlementaire dans les couloirs du temps, euh pardon de l’Assemblée, lors des privatisations de 1986, 1993 et au-delà.

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