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Alice au pays des zélus

6 octobre 2019 | 0 commentaire
Fabrice Lucchini dans le rôle du maire de Lyon, installé depuis … longtemps, à la recherche d’un nouveau souffle, en vue naturellement de sa réélection, voire d’une carrière nationale. Suivez-nous dans la capitale des Gaules, avec une jeune philosophe, recrutée en qualité de chargée de mission auprès du maire, à l’aide de quelques titres de film ou pièces de théâtre.

Voyage au bout de la nuit (des idées). « Tes notes obscurcissent l’esprit du maire. Maintenant, on passe au message ! » Tout est dit dans cette phrase, balancée davantage que prononcée par un (jeune) directeur de la communication au verbe plus expressif que les idées. Il faut donc faire vite, davantage que faire sens, le tout en 140 caractères, pour annoncer en… un tweet aux accents trumpiens l’orientation clé du maire pour le prochain mandat. On est un peu loin des deux conceptions traditionnelles qui s’opposent pour la conduite de la vie de la Cité. Platon préconise que la politique se mette au service de la philosophie. Machiavel, lui, inverse le modèle et conseille Laurent de Médicis dans l’art de conquérir et garder le pouvoir, simple technique à maîtriser.
La discrète. Alice en conseillère de l’ombre. Discrète et efficace. Franche et lucide. Avec force arguments, frappés au coin du  bon sens, elle explique à son maire que de vouloir créer à Lyon une « union des mégapoles pour le progrès » est totalement éloigné des préoccupations concrètes des habitants. Sans compter l’oubli des racines. « A quel moment la France a-t-elle enfanté ce citoyen sans racines » s’interroge-t-elle lors d’un échange ?
Colonel Chabert. Qui sont les assiégés de cette vie politique sans but clair ? Peut-etre l’absence de temps consacré à la pensée. Dans ce monde qui va vite, son aveu d’impuissance vaut au maire cette répartie d’Alice, tranchante comme un  couteau de Laguiole : « vous avez lu l’étrange défaite de Marc Bloch ? » En 1940, cet historien médiéviste, officier de réserve, écrit dans le feu de l’action des pages précises qui, aujourd’hui encore, peuvent servir d’outil de réflexion. Cet examen de conscience d’un Français fait le lien entre les carences de mai-1940 et celles identifiées dans la société française. Il y pointe particulièrement l’impuissance des gouvernants à « définir honnêtement leurs buts ».
Les clichés sur la com, le cab et les zélus sont ils vrais ? Allez voir le film… Et on vous précise que, non, le maire ne couche pas avec sa chargée de mission.

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