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Un aller simple pour Paris

14 février 2019 | 0 commentaire

Concordance des temps. Le jour de l’annonce de l’arrêt de la construction de l’Airbus A 380, un poids lourd de la vie politique française s’envole pour le Conseil constitutionnel. Au-delà des considérations partisanes, voyons-y le dernier avatar du jeu complexe entre Paris et la province ; l’homme politique devant, pour ce faire, abandonner ses mandats locaux.

Mémoires d’Hadrien. Marguerite Yourcenar fait dire à l’empereur Publius Aelius Hadrianus, empereur de 117 à 138, que
« César avait raison de préférer la première place dans un village à la seconde à Rome. Non par ambition pour par vaine gloire mais parce que l’homme placé en second n’a le choix qu’entre les dangers de l’obéissance, ceux de la révolte et ceux, plus graves, du compromis ». Apparemment, Paris attire toujours, même pour moins qu’une seconde place. Bon d’accord, avec des trémolos dans la voix (provinciale)… vite oubliés une fois arrivé à Paris.
On ne peut vivre qu’à Lutèce ; le reste de la Gaule, c’est bon pour les sangliers, s’exclame Homeopathix dans les lauriers de César, dans Astérix. Les relations entre Paris et la province sont aussi complexes que l’histoire de France. L’attirance pour la capitale fait écho à la condescendance pour les provinciaux, thème quasi éternel du théâtre de boulevard. La province y est représentée comme un lieu immobile, du vide, de l’ennui. De leur côté, les provinciaux n’ont de cesse de décrier un Paris, arrogant et dominateur et qui ne les comprend pas, avec ou sans gilet jaune.
Avatar. A l’approche des élections municipales, on ne pourra même pas compter le nombre de candidats à la magistrature municipale qui proclameront, le coeur sur la main que, jamais o grand jamais, ils ne brigueront une fonction à Paris si les zélecteurs et les zélectrices leur font confiance. Mais c’est bien sûr ! Pour les croire, il suffit juste de regarder la composition des gouvernements en 2002, 2007, 2012 et 2017… Les édiles rappliquent au galop dans la capitale dès qu’on les appelle, laissant sur place leurs mandats locaux. Paris vaut donc bien une messe… municipale.

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