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Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’Histoire ?

15 juin 2016 | 0 commentaire

Sujet de la série ES en philosophie. A peine les épreuves terminées et déjà le corrigé ! Bon d’accord, à la sauce territoriale… Cette rapide plongée dans l’histoire complexe du rapport entre l’Etat et « ses » collectivités, nous indique que « l’intelligence du présent échappe à qui ignore tout du passé », pour reprendre la phrase de l’historien René Rémond.

Monarchie. Le rapport de la monarchie absolue aux provinces est celui d’un pouvoir en construction se défiant des institutions susceptibles de le menacer. Après la Fronde, Louis XIV cherche à déporter le pouvoir des villes vers les assemblées. Un peu plus tard, le roi-soleil réduit le rôle des assemblées générales. Il renforce progressivement le pouvoir de l’intendant, ce préfet avant l’heure. Dans les provinces qui conservent leurs états, une simple décision du roi interdit de faire opposition devant les parlements à l’enregistrement de ses édits et ordonnances. Cette défiance se poursuit  jusqu’à la Révolution, empêchant la mise en place d’institutions représentatives dotées d’un véritable pouvoir de décision

Etat départementaliste et communes. Après la Révolution, et pendant des décennies, l’exercice du pouvoir est clairement départementaliste, avec le rôle joué par le préfet, cette figure emblématique qui contrôle fermement toute velléité autonomiste ou revendicatrice dans les territoires. Le modèle républicain de la Troisième République va s’incarner dans la consolidation du couple formé par la commune et le département. Dans ces conditions, la loi du 5 avril 1884 retient une formulation simple, selon laquelle « le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune », rendant possible concrètement la conduite des actions de la vie de tous les jours. La responsabilité du maire est clairement établie puisqu’il est seul chargé de l’administration. Egalement chargé de la police municipale, il est responsable du bon ordre et de la tranquillité publique.

Régions. L’Etat a longtemps repoussé jusqu’à l’idée même de région, identifiée aussi bien aux idées fédéralistes qu’aux royalistes, car fleurant trop les anciennes provinces. L’idée régionale a opéré un véritable retour en force sous l’angle économique, avec les tentatives du ministre Clémentel d’organiser l’économie de guerre en régions. Sous le régime de Vichy, l’Etat français précise dès l’été 1940 sa nouvelle vision de l’organisation territoriale, sous la houlette du Maréchal Pétain. Proche de celle de Charles Maurras, son ambition est de réaliser une renaissance provinciale, par l’instauration de préfets régionaux. Edgar Faure fait renaître les régions en 1955, à travers les 21 programmes d’action régionale. Ces programmes donneront naissance aux régions métropolitaines. Dès lors, la montée en puissance des régions s’effectue petit à petit.

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