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Budget 2015 : le plus dur n’est pas la chute

29 septembre 2014 | 0 commentaire

Le budget 2015 sera présenté mercredi en Conseil des ministres. Sauf surprise, il devrait se fonder sur une hypothèse de croissance très optimiste et une baisse des dépenses surévaluée. Comme chaque année… De quoi repousser certaines mauvaises nouvelles au traditionnel projet de loi de finances rectificatives. Mais à ce jeu du chat et de la souris, il n’est pas sûr que la France puisse défier éternellement les marchés financiers et le puissant partenaire d’outre-Rhin…

 

 

Le chat et la souris. Pour la France, la préparation des lois de finance ressemble chaque année au jeu du chat et de la souris, où le chat pourrait être l’Europe et la France la souris. Il y a du côté du gouvernement la volonté de toujours maximiser les recettes et minimiser les coûts. Quand on maximise les recettes, on connait bien l’impact de, par exemple, 0,1% de croissance. Tout le monde – les analystes de l’OCDE, du gouvernement français et de la Commission européenne – sait qu’il y a une différence de plusieurs milliards d’euros lorsqu’on annonce 0,4 ou 0,5% de croissance. Qui dit plus de croissance, dit plus de rentrées fiscales. Tous les gouvernements jouent à ce jeu depuis que l’on dispose de statistiques dans ce domaine.

 

« Puisque nous ne maîtrisons pas… » Il y a aussi certains chiffres que la France ne maîtrise pas mais qui ont un impact sur son budget. Les deux principaux sont le montant des taux d’intérêts et le prix du baril de pétrole. Un autre élément qui n’est pas complétement maitrisé est l’inflation. La France est le seul pays de l’OCDE – je dis bien le seul – à ne pas avoir présenté depuis 1979 d’excédent budgétaire. Cela pose un souci de crédibilité de l’image de la France envers les institutions qui nous regardent, financières, européennes et mondiales. On peut certes penser que cette crédibilité n’est pas encore complètement entamée, car on trouve toujours preneur de notre dette à des taux moindres que l’année d’avant. Mais en réalité, on se retrouve dans un cercle qui va devenir très coûteux au moindre retournement de conjoncture. Par exemple un retournement brutal des taux d’intérêts se chiffrerait en dizaine de milliards d’euros pour le gouvernement.

 

« Puissante berline et Autolib sont sur un circuit… » Si vous surévaluez les recettes, vous engrangez quelques milliards d’euros supplémentaires qui vont diminuer le déficit apparaît. Si vous annoncez une croissance de 0,5 au lieu de 0,4, vous gagnez quasiment 2 à 3 milliards d’euros de recette sur la TVA et l’impôt sur le revenu. Tout gouvernement a intérêt à majorer ses recettes, et donc la croissance. Le gain d’image marche toujours. Est-ce de la cécité, de l’aveuglement ? Est-ce qu’il y a une volonté de bienveillance des statisticiens nationaux ou du contribuable, qui veut toujours y croire à un moment donné ? Ou de l’Europe qui sait bien qu’elle joue un jeu complexe avec la France ? Prenons l’exemple de la nomination d’un Français au poste de commissaire européen de l’économie. En apparence, c’est une victoire française, celle d’avoir imposé « son » candidat. Mais à y regarder de plus près,  il s’agit d’un camouflet phénoménal pour la France, car ledit commissaire n’a aucune marge de manoeuvre, étant enserré par deux vice-présidents dont les attributions contrôlent les fonctions du Français. L’Allemagne a permis à la France de sauver les apparences. Comme le soulignait une réplique dans le film La haine de Mathieu Kassowitz, le plus dur, ce n’est pas la chute mais l’atterrissage… 

 

 

 

 

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