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Comme un cheveu sur la soupe (du grand débat)

5 avril 2019 | 0 commentaire

Hommage à Jean-Louis David. L’homme aux 450 magasins franchisés rien qu’en France. Ciselons dès lors, au moyen du vocabulaire idoine, quelques coupes dégradées, et alors que le grand débat a vécu ses derniers instants. 


Couper les cheveux (ceux de la communication) en quatre. A l’horizon immédiat, le risque du rendez-vous raté est grand. Car l’offre du grand débat a d’abord consisté à  communiquer. Le danger est donc celui d’un atterrissage brutal lorsque prendra fin la fiction d’un débat sur tout, alors que l’Etat ne s’est confronté qu’à l’épreuve des moyens et non des finalités qui, elles, n’ont aucunement changé.
Sur le fil du rasoir. Avec le grand débat, les corps intermédiaires et les élus ont été réintégrés, après avoir été durement vilipendés durant les premiers mois du quinquennat. Enfin, en apparence seulement, au moyen de mises en scène, souvent municipales, sur des forums de circonstance réinventés pour les besoins de la cause présidentielle, au moyen de moult forces de sécurité intérieure (FSI), parfois deux fois plus nombreuses que les participants confinés dans une salle isolée et inaccessible.
La coupe (de la méconnaissance des territoires) est pleine. Le plus haut sommet de l’Etat est aujourd’hui coincé entre une mobilisation des gilets jaunes qui perdure, une campagne européenne empoisonnée par un Brexit qui n’en finit pas et les premiers jalons des municipales, notamment à Paris.
Tout ceci doit redonner du sens à l’histoire et à nos racines, à rebours d’un horizon envisagé uniquement au prisme de la mondialisation, de la technologie et de l’économie. Or, les gilets jaunes, s’ils n’ont jamais été majoritaires, expriment cette vision de la France des territoires. Cette France qui redoute d’être abandonnée par les zélites de la sphère décisionnelle. Cette France, c’est celle des 350 fromages, des 400 pays et des presque 450 franchisés Jean-Louis David, qui irrigue donc jusque dans les petites villes moyennes.

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