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Avant le droit de vote, des femmes élues aux municipales !

8 mars 2018 | 0 commentaire

Printemps 1925. Elles n’ont pas le droit de vote… Mais vont être élues aux municipales. Grâce au Parti communiste. Un an après la victoire du cartel des gauches, les élections municipales des 3 et 10 mai sont certes marquées par les listes favorables au cartel des gauches et celles qui s’y opposent vigoureusement. Mais surtout par la décision de la SFIC de présenter des femmes sur les listes alors qu’elles ne disposent pas du droit de vote. Hommage en ce 8 mars.

Cartel des gauches. Le cartel des gauches a permis à la gauche de remporter les élections législatives de 1924. La préparation des élections municipales se fait dans un contexte favorable à la gauche. Mais la question du droit de vote des femmes va éclipser ces stricts résultats électoraux. En effet, le Parti communiste reprend ce mode d’action pour tout à la fois dénoncer la société bourgeoise fondée sur le patriarcat et permettre d’intégrer les femmes dans la lutte contre le capitalisme.

Cartel des femmes. Le Parti communiste décide en effet de présenter des femmes sur ses listes lors des élections municipales de 1925. Dans la Seine, trois femmes sont élues en la personne d‘Augustine Variot à Malakoff, Marie Chaix à Saint-Denis et Marthe Tesson à Bobigny. Dans ces villes, la commission électorale a accepté de comptabiliser les suffrages obtenus au même titre que ceux de leurs colistiers. Voter pour des femmes n’a pas effrayé les hommes de ces communes. Rares sont en effet ceux qui ont rayé leur nom sur les bulletins. Augustine Variot, par exemple, recueille 2 321 voix, c’est-à-dire seulement 62 voix de moins que la moyenne de la liste.

Cartel des responsabilités. Au lendemain de cette élection, le Parti communiste va encore plus loin en attribuant des responsabilités municipales à certaines d’entre elles. Marthe Tesson sera ainsi élue deuxième adjointe de Bobigny et Marie Chaix maire adjointe chargée des affaires sociales à Saint-Denis. Elles exercent ces fonctions jusqu’à ce que le Conseil d’État invalide leur élection quelques mois plus tard, en janvier 1926.

Cartel des incapables (juridiques). La cause des femmes progresse très lentement en cette fin de III° République. Le Sénat refuse systématiquement tout examen d’ensemble des textes conférant le droit de vote aux femmes, « même » aux élections locales. Tout est dit d’ailleurs dans ce « même », quant à l’estime dans lequel le pouvoir central tient le local… Près de cent ans plus tard, cela a-t-il changé ? A lire l’avis que vient de rendre le Conseil d’Etat (15 pages serrées en times new roman 8) quant à la possible extension d’exercice des compétences des collectivités, on peut se le demander…

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