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En attendant Godot…

16 novembre 2018 | 0 commentaire

Godot, un nouvel acronyme : le gouvernement et la décentralisation dans l’organisation des territoires. La particularité de la pièce de Samuel Beckett vient du fait que le nombre de scènes n’est ni décompté ni annoncé. Pratique, non en l’appliquant aux relations entre l’Etat et ses territoires ? A quelques jours du congrès des maires, prenez place pour la représentation.

L´(air du) temps : une ambiance électrique. « Les principales associations d’élus, réunis en assemblée générale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris de leurs droits… » Non, non, rassurez-vous, il ne s’agit pas du préambule des statuts de l’association Territoires unis. Rappelons que le lancement en a été décidé à Marseille, à l’occasion du congrès des régions, en fin septembre. La jeune association a poursuivi son petit bonhomme de chemin, au congrès des départements à Rennes, en début novembre. Elle tiendra prochainement ses assises… sans l’Etat. Tiens, tiens, comme un petit air de révolte.

Le lieu : Paris, ville de congrès. Chaque année, le congrès des maires de France est « le » congrès des élus. Il agrège naturellement les élus des outre-mers mais il sert surtout de caisse de raisonnance  au monde local. Le constat est simple. Il ne s’agit pas de gloser une énième fois sur l’avancement de la décentralisation. Mais bel et bien sur la colère des élus locaux, dont les maires. Nul doute que les « plus hautes autorités de l’Etat » vont prendre connaissance avec intérêt de l’étude publiée ces jours-ci par l’observatoire de la démocratie de proximité, et selon laquelle 49% des maires envisagent de ne pas se représenter en 2020.

Les actions : nombreuses à être attendues. L’Etat, quel que soit son niveau de représentation, aura fort à faire pour répondre aux « interrogations » (version communiqué de presse), aux « irritations » (version délibération de collectivité) et, surtout, à la « désespérance » (version de la « France périphérique »), provoquée par des normes coûteuses sans cesse rajoutées, du champ en jachère, laissé par les départs des services de l’Etat dans les territoires, de l’instrumentalisation par certains de la question de la fiscalité locale, en montant les niveaux de collectivités les uns contre les autres. Pas sûr que les zélus se satisfassent d’une nouvelle annonce sur l’agence nationale de cohésion des territoires (ANCT), aux contours décidément flous.

Toutefois, le problème de Godot, c’est qu’il ne vient jamais. C’est ce que qu’ont dû se dire les maires en apprenant que le président de la République ne viendrait pas à leur congrès. On est bien loin de l’état  d’esprit qui avait prévalu lors du banquet des maires, organisé pour l’exposition universelle de 1900.

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