Actualités

Goncourt

6 novembre 2017 | 0 commentaire

Le mythe du Goncourt. Son cérémonial chez Drouant. Chaque année renouvelé. Sous le regard des territoires, et à quelques heures du verdict, parcourons les titres des quatre finalistes : l’ordre du jour ; l’art de perdre ; tiens ferme ta  couronne ; Bakhita. Pour y déceler quelques tendances de fond.

L’ordre du jour. Et si les (supposées) glorieuses images de la France territoriale (enfin) débarrassée de ses échelons (forcément) inutiles s’effaçaient devant la réalité ? Car, à force de nier l’échelon de proximité, on dessine une France de plus en en plus éloignée de la réalité vécue par plus de 20 millions de nos concitoyens…  Car la commune, avant d’être un contour administratif, est d’abord une communauté de vie.

L’art de perdre. Dans une société traversée par des questions identitaires, ce roman semble la renvoyer à ses origines. Comment faire resurgir un pays du silence ? La trame de fond de ce roman, c’est le destin France-Algérie et de celui de générations successives d’un passé tenace qui rend prisonnier.

Tiens ferme ta couronne. Un homme écrit le scénario d’un film rejeté par tous les producteurs. Ce scénario, c’est celui du refus de la négation de la disparition de l’échelon de proximité. S’en suivent de rocambolesques aventures où les centres commerciaux aux abords des périphéries des villes moyennes sont devenus des déserts où règnent la violence et le désœuvrement.

Bakhita. Ou l’histoire de l’esclave devenue religieuse au XIXème siècle et canonisée par le pape Jean-Paul II. Cela se passe au Soudan, région qui vit s’affronter les missions française du capitaine Marchand et du britannique Lord Kitchener, aux abords de Fachoda. Mais les contempteurs d’une laïcité de combat sauront-ils accepter la mise en exergue de ce roman ? Cependant, et à bien y réfléchir, cela aurait du sens dans nos sociétés ouvertes, désenchantées et largement désacralisées, dont les communes s’occupent des dizaines de milliers d’églises… en vertu de la loi de 1905. Cette loi, présentée aujourd’hui sous un visage de la tolérance, fut en réalité à l’époque une mesure de combat féroce contre la religion catholique.

La France des terroirs existe donc  encore bel et bien. À quelques jours du 100ème congrès des maires, il n’est pas inutile de le rappeler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

trois × trois =