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La grande illusion des dotations

27 avril 2016 | 0 commentaire

Le titre de l’illustre film de Jean Renoir pourrait s’appliquer à l’annonce que les plus hautes autorités de l’Etat pourraient être tentées de faire aux élus locaux, lors du prochain congrès des maires, en renonçant par exemple à baisser tout ou partie des 3,7 milliards d’euros de dotations aux collectivités dans le budget 2017. Pourtant, il y a six mois à peine, à l’occasion de la journée de mobilisation des élus contre la baisse des dotations en septembre 2015, les pouvoirs publics s’étaient montrés inflexibles. Arrêt sur image. En renonçant, pour cause d’élections à venir aux économies décidées, l’Etat enverrait un mauvais signal.

Contenir la dépense. Depuis quelques années, les élus ont entamé un travail de fond pour contenir la dépense publique. Les résultats commencent à voir le jour avec des dépenses de personnel contenues pour la première fois depuis 1982. Nombre de maires expliquent depuis des années que la régulation de la dépense publique est nécessaire pour redresser les finances de la France. Ils ont accepté cette baisse des moyens mis à disposition par l’Etat et ont refusé la hausse fiscale pour équilibrer leurs budgets. Seul ce cercle vertueux permet de dégager les ressources futures nécessaires pour investir.

Refuser la facilité. Le monde économique s’étonnerait  de la facilité avec laquelle les pouvoirs publics renoncent à une ardoise d’économies de plusieurs milliards d’euros. Il est nécessaire de rappeler que la puissance publique ne crée pas de la richesse économique ! Elle la redistribue. On objectera que le gouvernement demanderait peut-être, et en échange de cette mesure, que les collectivités augmentent leurs investissements, notamment dans les travaux publics. On friserait ici la démagogie la plus pure car ce n’est pas en accroissant le déficit de l’Etat, premier financeur des collectivités rappelons-le, que l’on permettra d’investir dans les territoires. Au contraire, la raréfaction de l’argent public oblige désormais les partenaires à s’interroger davantage avant d’investir et de renoncer ainsi parfois à des projets surdimensionnés.

Entrer en campagne (électorale). Mais c’est vrai, nous entrons en campagne électorale ! Et après tout, l’actuel président de la République se dit que le budget 2017 sera certes préparé par son gouvernement mais exécuté par l’équipe suivante. En additionnant les cadeaux financiers à un an du scrutin présidentiel, la situation financière de la France continuerait de se dégrader. Mais bien sûr, l’équipe politique en place utiliserait un vocabulaire teinté de langue de bois, en nous expliquant que « le déficit diminue » et que la « trajectoire des finances publiques est la bonne ». Alors que nous dépassons allègrement les 2000 milliards d’euros de dette, et pour rester dans l’esprit des années 1930, invoquons la chansonnette « tout va très bien Madame la marquise… ». N’oublions pas que, après la drôle de guerre, le réveil fut pour le moins douloureux.

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