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Guerre et paix entre l’Etat et les collectivités

9 novembre 2018 | 0 commentaire

A la veille du congrès des maires, l’état des relations entre l’Etat et les collectivités s’assimile davantage à une cessation des hostilités plutôt qu’à un armistice. L’association des maires de France (AMF) a tout du « lieu de mémoire vivant » avec une longue histoire, puisque créée en 1907, et une identification forte dans l’imaginaire des élus. Certes, la présence des plus hautes autorités de l’Etat à la porte de Versailles est davantage une obligation qu’un choix.

Une guerre de position. Dix-huit mois après le début du quinquennat, les relations entre l’Etat et les collectivités locales sont particulièrement tendues. La conférence nationale des territoires (CNT) de juillet 2018 a été boycottée. Les sujets financiers ont entraîné de fortes tensions avec, au printemps, une « pseudo » négociation sur les contrats de maîtrise des dépenses. In fine, l’AMF, l’ADF et régions de France ont constitué une association de « défense de la décentralisation ».

Un armistice ? A l’issue du renouvellement ministériel d’octobre, le président de la République a annoncé un « reset » des relations avec les collectivités locales. Des gestes concrets sont désormais attendus par les maires. Ainsi, à l’approche des échéances électorales de 2020 et 2021, le congrès des maires sera peut-être l’occasion pour le chef de l’exécutif d’apaiser les relations avec les collectivités, et notamment les maires. Ces derniers font face, sur le terrain, aux critiques sur l’augmentation du coût du carburant, après la grogne sur l’abaissement de la vitesse à 80 km/h.

A quand le traité de paix ? Les maires attendent des gestes concrets d’apaisement sur la fiscalité locale. Ils demandent à ce que la suppression de la taxe d’habitation soit entièrement compensée, en allouant au bloc communal l’équivalent de la taxe d’habitation supprimée. La question des communes nouvelles pourrait également être posée sur la table. À faible coût pour les finances publiques et un effet fort dans les territoires, les élus sont dans l’attente d’une réponse de l’Etat quant à la relance du mouvement. Se dirigera-t-on pour autant vers un traité de paix entre l’Etat et ses ouailles ? On parlerait alors du traité de la Porte de Versailles… So chic.

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