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La décentralisation est-elle de droite ou de gauche ? 1/5 -Le legs révolutionnaire

17 octobre 2011 | 0 commentaire

En dépit d’affirmations maintes fois répétées sur l’effacement des clivages politiques, la droite et la gauche semblent inséparables en France, au moment des élections tout du moins. A chaque rendez-vous électoral, national ou local, les analyses sont marquées par cet affrontement droite-gauche, provoquant alors ces « poussées de fièvre hexagonale » pour reprendre l’expression de l’historien Michel Winock. La décentralisation échappe-t-elle à ce phénomène ? A la veille de l’échéance présidentielle de 2012, parcourons notre histoire depuis la Révolution pour analyser ce thème en cinq épisodes.
Premier épisode : le legs révolutionnaire qui vit les députés se positionner géographiquement sur les bancs de l’Assemblée, de droite à gauche, en fonction de leur positionnement politique. Leurs décisions, en ce temps de crise que furent les années 1789-1790, posent les premières pierres d’une gestion décentralisée en France.

« 80 petits roquets plutôt que 15 gros chiens loups ». La Révolution, bourgeoise, de 1789 découpe le territoire de façon rationnelle en 83 départements, mettant ainsi fin aux territoires et circonscriptions diverses qui se chevauchent et empêchent toute vision d’ensemble. La province est ainsi abolie, car totalement identifiée à l’Ancien régime.

Des paroisses aux communes. Les 44 000 communes se substituent aux paroisses, mais aucune n’est supprimée. Sous la pression de la guerre civile et de la menace des invasions étrangères, les Jacobins, partisans du centralisme, l’emportent sur les Girondins, plus favorables à l’expression des pouvoirs locaux. Mais on ne parle pas encore de décentralisation.

Napoléon, les préfets et la nomination des maires. Le régime napoléonien va renforcer les tendances centralisatrices de la Révolution. Dans ces conditions, l’instauration du préfet va servir de pierre angulaire à la centralisation administrative au XIX° siècle. Cette tendance de fond confiant au préfet un très fort pouvoir de décision a priori vis-à-vis des pouvoirs locaux se poursuivra jusqu’à la fin du XX° siècle.

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