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La décentralisation est-elle de droite ou de gauche ? 5/5- Aujourd’hui, quelle(s) ligne(s) de partage ?

3 novembre 2011 | 0 commentaire

A chaque rendez-vous électoral, national ou local, les analyses sont marquées par cet affrontement droite-gauche, provoquant alors ces « poussées de fièvre hexagonale » pour reprendre l’expression de l’historien Michel Winock. La décentralisation échappe-t-elle à ce phénomène ? A la veille de l’échéance présidentielle de 2012, parcourons notre histoire depuis la Révolution, en analysant ce thème, en cinq épisodes.
Aujourd’hui, le cinquième et dernier épisode nous conduit jusqu’aux débats de la campagne présidentielle de 2012.

» La décentralisation n’est plus une idée d’opposition. Depuis 1983, droite et gauche ne s’opposent plus désormais quant à la nature même de la décentralisation mais plutôt quant aux dégrés de compétences à décentraliser. Le tout est corrélé aux résultats des élections nationales, présidentielle et législative, où chaque camp espère infléchir ou conforter ses résultats lors des scrutins locaux. En 1992, toutes les régions de métropole se retrouvent à droite sauf une. Depuis 2004, le résultat est strictement inversé. Cela conduit à crisper d’autant les relations entre l’Etat central et les régions, dans un pays où l’idée de province fonctionne tout autant comme un repoussoir, avec la peur d’un retour des provinces de l’Ancien régime que comme un mythe fondateur, celui des régions « à taille européenne ».

» Au Parlement, les majorités successives portent la décentralisation. A gauche, on peut citer les lois Joxe de 1992 sur l’administration territoriale de la République (1992), Chevènement sur l’intercommunalité (1999), Voynet sur l’aménagement du territoire (1999) et Vaillant sur la démocratie de proximité (2002). A droite, il s’agit des lois d’amélioration de la décentralisation (1988), Pasqua (1995) et ce que d’aucuns appellent l’acte 2 de la décentralisation (2004) porté par le Premier ministre Raffarin. En réalité, cette loi s’apparente davantage à des transferts élargis vers les collectivités qu’à une rupture conceptuelle de la décentralisation.

» Demain, quelle nouvelle étape ? Lors des débats ayant précédé l’adoption de la loi de réforme des collectivités territoriales (RCT) du 16 décembre 2010, l’opposition s’est située en « contre », mais sans jamais véritablement proposer de solution alternative. La gauche a d’ailleurs promis d’abroger cette loi. Quant à la droite, si elle a montré ses divisions, c’est moins quant à la nécessité d’améliorer la décentralisation que sur la façon de la traduire dans les territoires. Dans ces conditions, la décentralisation ne figurera pas nécessairement dans les premières pages des programmes des candidats, elle se retrouvera en toile de fond dans les territoires, où notre quarteron a son idée sur la question, en tant que contribuable, usager, citoyen et, pour 2012, électeur.

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