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la mairie, batiment ordinaire et lieu de memoire

15 juillet 2015 | 0 commentaire

130 ans. C’est à peu près l’âge de ce bâtiment tellement ordinaire parce que présent dans chacune des 37000 communes. Rendu en effet obligatoire par la loi du 5 avril 1884, ce mot est aujourd’hui devenu incontournable sur le plan de situation de toute ville, quelle qu’en soit sa taille ! On en oublierait presque l’histoire tumultueuse de ce qui est devenu un lieu de mémoire. Pour désigner auparavant le bâtiment, on parlait de « maison commune » dans les campagnes et « d’hôtel de ville » dans les lieux plus densément peuplés. En trois temps forts, les raisons de cette généralisation.

Moyen-Age et Révolution. Dès le Moyen-Age, des groupements se sont constitués dans les lieux urbanisés pour obtenir ou plutôt arracher une « charte » afin de devenir une « ville franche ». La monarchie capétienne tantôt s’alliera tantôt luttera avec ces villes franches, mais toujours dans le but de s’opposer aux seigneurs locaux. Si de magnifiques beffrois et hôtels de ville sont construits et subsistent aujourd’hui encore, point de généralisation à l’ensemble du territoire. C’est en 1789 que l’Assemblée Nationale donne à toutes les paroisses le droit de devenir des communes, avec un conseil et un maire. Les 44 000 paroisses deviennent 38 000 communes.

1833 et 1837. La loi du 18 juillet 1837 est promulguée sous la monarchie de Juillet. Elle oblige les municipalités à entretenir la « maison commune » lorsqu’elles en ont une. Mais elle ne les oblige pas à en détenir ni à en construire une ! C’est donc bien souvent le domicile du maire qui tient lieu de maison commune. En réalité, il faut presque remonter de quatre ans en arrière, avec la loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire, qui semble avoir favorisé la construction de l’école primaire. Dans l’imaginaire collectif, cela donnera plus tard le triptyque « mairie – école de filles – école de garçons

1884. La grande loi municipale du 5 avril 1884 prévoit que toute commune doit être dotée d’un hôtel de ville, qu’elle en soit locataire ou propriétaire. Le pouvoir naissant de la IIIème République rend le bâtiment anonyme, afin de mieux en assurer sa pérennité. C’est la commune, en tant que personne morale, qui prend le bail ou signe l’acte. Aujourd’hui encore, en 2015, l’entretien de la mairie fait partie des dépenses obligatoires de la collectivité. Faisons une hypothèse d’école : même en cas de crise grave des finances locales et de forte diminution de ses recettes, l’entretien du bâtiment commun fait partie des premières dépenses à assurer. Le lieu de mémoire est bien ancré dans la réalité…

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