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le 14 juillet : pourquoi ?

12 juillet 2015 | 0 commentaire

 

En 1880, le Parlement fit du 14-juillet le jour de la fête nationale par une loi symbolique. Depuis lors, les Français s’identifient jusque dans les villages à la fête de la France, après le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Elysées, et avant les bals et innombrables feux d’artifice. Ce qui semble une évidence aujourd’hui est le résultat d’un compromis : quelle date choisir pour fêter la Nation ?

Etonnement. La Troisième République est étonnante : née sur les décombres du Second-Empire, avec la défaite de Sedan, elle s’éteint avec l’étrange défaite de 1940. Proclamée le 4-septembre (1870), il faut attendre près de cinq ans pour qu’elle se dote d’institutions, sans qu’il n’y ait à proprement de constitution ! Elle est aujoud’hui considérée comme la « vraie sinon la seule dans l’imaginaire des Français qui se dote d’une stratégie de la mémoire », pour reprendre l’expression de Michel Winock.

Concorde. Le mot peut faire sourire tant les débuts de la Troisième République furent tumultueux, en butte aux oppositions de la Commune de Paris et des monarchistes. Pour s’enraciner, la République a besoin de symboles. La fête nationale sera l’un deux. Les dates trop polémiques sont écartées, telles que 1830, trop identifiée à la monarchie de Juillet ; 1848, à cause de la brièveté de la Seconde République ou encore 1870, en raison de la défaite de Sedan. La gauche républicaine se tourne alors vers la Révolution française. Et le 14-juillet l’emporte, pour deux raisons, d’une part parce que cette date consacre les débuts de la Révolution (Louis XVI est encore roi) et d’autre part, elle est identifiée à la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

Permanence. Le ralliement des catholiques à la République, initiée par le toast du cardinal de Lavigerie à Alger en 1890, contribua à l’enracinement du régime qui ne ménagea pourtant pas la « fille aînée de l’Eglise ». Pendant très longtemps, le 14-juillet a fonctionné comme un repère annuel autour duquel s’organisait la vie nationale, depuis la fin de l’année scolaire jusqu’aux vacances du Parlement. Même si l’effacement relatif du 14-juillet est réel, les tentatives épisodiques de remettre en cause le moindre attribut de notre fête nationale se heurtent à la mémoire collective. Et c’est tant mieux, car dans nos sociétés ouvertes, désenchantées et désacralisées, il est important de s’identifier et de se raccrocher à des symboles. Certaines communes organisent pour l’occasion des goûters républicains

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