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Le dernier metro payant

2 septembre 2015 | 0 commentaire

Paris ne fait décidément rien comme les autres… Là où en province, le transport relève des agglomérations et autres métropoles, en région parisienne, c’est le syndicat des transports d’Ile-de-France ou STIF qui opère. Certes, le STIF est présidé par le président de la région Ile de France. Cette dernière en est le plus gros contributeur, grâce à une dotation versée par l’Etat. Désormais le titre de transport, pardons le Pass Navigo, permet de se déplacer dans toute l’Ile-de-France au tarif unique de 70€ par mois pour tous les voyageurs. Adieu les cinq anciennes zones. Egalité pour tous, de Cergy-Pontoise à Rambouillet et de Provins à Mantes la Jolie. Cette réforme est présentée comme très avantageuse pour les salariés, enfin pas tous, ceux qui ont un emploi. La réalité est un peu moins rose pour les entreprises et encore moins pour les finances publiques…

L’attaque du métro tarifaire. A l’heure où les transports publics peinent à se financer, le coût de la mesure ne manque pas d’interroger. Tout d’abord, SNCF et RATP s’attendent à plus de monde dans les trains. Et c’est là que tout se complique puisque les transports franciliens ont besoin d’investissements massifs, en raison de la saturation, de la vétusté, des retards, du manque de trains et de liaisons banlieue à banlieue. Ensuite, une telle mesure va favoriser l’étalement urbain. En effet, si le transport ne vaut presque rien, en tout cas moins que son coût théorique, autant habiter plus loin. Imparable, non ? De plus, les habitants des régions voisines telles que Centre, Nord-Picardie, Normandie, et qui travaillent en Ile-de-France, ont rapidement fait le calcul. A 70€ mensuels, mieux vaut prendre le train dans la gare francilienne la plus proche que de choisir sa gare régionale. Enfin, présenté comme une mesure de justice sociale, c’est tout le contraire qui risque de se produire puisque l’INSEE constate à l’échelle du pays et, contrairement aux idées reçues, des revenus élevés et en plus forte hausse dans les couronnes des grandes aires urbaines. Et les personnes démunies de ressources ne souscrivent à aucun abonnement et ne se le font bien sûr pas rembourser par un quelconque employeur !

Pour une poignée de dollars. Le coût de la zone unique représente en année pleine une perte de recettes estimée à 500 M€. Les employeurs vont en payer 200 M€, via l’augmentation du « versement transport », un impôt assis sur les salaires. A l’heure des économies budgétaires et de la redéfinition des interventions publiques, une question s’impose : qui paie au final ? Comme les entreprises paient déjà plus, et que les dotations de l’Etat vont continuer de baisser, la solution risque de passer par une baisse des investissements est à craindre pour les années suivantes. Mais, pas d’affolement, le gouvernement a retiré de la compétence du STIF les grands projets tels que CDG express et le réseau de transport public du Grand Paris (les quatre nouvelles lignes) et il trouvera bien dans sa hotte quelques promesses d’engagement d’ici 2017. Elles aimeraient bien les agglomérations de province voir le bras armé de l’Etat se substituer à elles pour financer leurs grands projets. Ah, le parisianisme a de beaux jours devant lui…

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