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L’Empire du milieu au pays des remontées mécaniques

16 août 2016 | 0 commentaire

Alors que le thermomètre se situe à un niveau estival, rien de tel qu’une plongée vers l’or blanc pour ressentir une agréable fraîcheur. L’annonce, il y a quelques jours, de la possible entrée d’une entreprise chinoise dans le capital de la compagnie des Alpes a provoqué la fronde d’un président de région, appuyé par trois présidents de conseil départemental. Dans quel contexte se situe cette grogne envers un investisseur chinois ?

Remontée (mécanique) de l’actionnariat. En 1989, la Caisse des Dépôts crée une filiale, la compagnie des Alpes. Cette dernière va progressivement devenir le numéro un des remontées mécaniques dans les grandes stations telles que La Plagne, Tignes, Val d’Isère, Meribel, Les Menuires… Elle y réalise aujourd’hui les trois cinquièmes de ses activités, le reste se faisant dans les parcs de loisirs. La stagnation des activités en France incite l’entreprise, filiale de la Caisse des Dépôts, à rechercher un développement dans les marchés porteurs, dont la Chine fait partie.


« Le loisir en bonne compagnie »… chinoise.
La Chine, de son côté, investit dans les secteurs porteurs de l’économie française. Le tourisme en fait partie. Quoi de plus normal ! C’est ce qui a amené le groupe Fosun, qui pèse plus de 10 milliards d’euros, a s’intéresser tout d’abord au Club Med, acquis en 2015 après plus de dix-huit mois de bataille boursière. Club Med dont plus de 10% de la clientèle est chinoise. Le slogan de la compagnie des Alpes – le loisir en bonne compagnie – trouve donc son application pleine et entière.

Mais que fait l’Etat ? Avec la financiarisation de l’économie, le développement des financements à court terme, les fusions et reventes sont effectuées pour des considérations purement financières et une fiscalité avantageuse. Ainsi, la question va plus loin que la (possible) prise de participation d’une entreprise – fut elle chinoise – qui pèse à elle seule autant que les budgets des régions françaises. La France peut-elle survivre en se basant sur le luxe, le tourisme et l’agro-alimentaire alors que le capital des grands groupes du CAC 40 est devenu très majoritairement étranger ? Une vraie question à l’approche de la présidentielle, et qui ne saurait être traitée uniquement par des assertions au Parlement lors de la séance des questions au Gouvernement, renvoyant à une position de blocage de la société mère. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités.

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