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les bulles de joie du prelevement a la source

19 juin 2015 | 0 commentaire

C’est bio… C’est propre… Ca coule… comme une source en fait ! Qui suis-je ? Non pas la dernière publicité d’une eau minérale pétillante mais le prélèvement à la source l’impôt sur le revenu . Mais c’est bien sûr ! Une opération qui réconcilierait donc dans un même élan les finances de l’Etat et le contribuable… Avec Mazarin, Louvois et Fouquet, tâchons d’y voir plus clair.

Mazarin (la Fronde). Prélever à la source veut dire que celui qui établit la feuille de paie prélève au profit de l’Etat la part relative à l’impôt sur le revenu. Si l’on enlève les 2,5 millions d’agents publics de l’Etat, il ne reste plus « que » 25 millions de salariés, entrepreneurs, chômeurs pour lesquels l’opération nécessitera une manipulation sur la feuille de paie, à partir d’éléments fournis qui par la CAF, qui par les organismes sociaux… A l’heure de la simplification, pas sûr que les gestionnaires de paie hurlent de joie. Le prescripteur n’étant pas le payeur, les communicants (de Bercy) vont devoir fourbir leurs armes pour éviter toute fronde ou jacquerie, à côté de laquelle les bonnets rouges relèveraient de la joyeuse mise en bouche.

Louvois (le logiciel). Pour prélever à la source, il faut un bon logiciel, non ? La simple évocation du nom de Louvois risque de ne pas faire rire du tout les autorités de l’Etat ! Ce nom n’est plus associé au ministre de Louis XIV mais au logiciel  abandonné par le ministère de la Défense, après un coût de non déploiement de plus de 500 millions d’euros. Ce logiciel devait apporter le bonheur (de la simplification) sur terre pour les quelques deux cent mille militaires d’active. Le nombre de foyers fiscaux dépassant les 30 millions, une simple règle de trois indique qu’un abandon en rase campagne couterait plusieurs milliards d’euros. Mais c’est juste une fiction…

Fouquet (le faste… fiscal). Et la décentralisation dans tout cela ? Que le lecteur se rassure. Avec un rétroviseur, cela fait des lustres que l’Etat pratique la retenue « à la source » pour les recettes des collectivités locales ! En minorant qui une dotation par ici, en prélevant là, en mettant en place une péréquation « horizontale » (je prélève sur les uns pour donner aux autres). Avec des jumelles, pourquoi ne pas prélever aussi à la source taxe d’habitation et autres taxes foncières ? Pas sûr que le contribuable local saute de joie…

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