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Les Présidents de la Ve République et la décentralisation

21 mai 2012 | 0 commentaire

Un Président de la République peut-il influer sur la décentralisation ? Selon l’expression de Georges Clemenceau à l’occasion d’un débat tenu au début du XX° siècle, cette idée serait « bonne pour les chimères de l’opposition ». En y regardant de plus près dans l’histoire de la Cinquième République, le rapport des Présidents avec la décentralisation est plus subtil qu’il n’y paraît.
Les volontaristes Certains Présidents ont voulu réformer le système en profondeur mais sans y arriver.
C’est ainsi que Charles de Gaulle (1958-1969) tente la réforme sur la régionalisation et le Sénat, sur la fin, mais sans y parvenir. Sa défaite au référendum du 27 avril 1969 provoque son départ.
Nicolas Sarkozy (2007-2012) s’est essayé à la rupture, avec la volonté de « big bang territorial » qui débouche sur la création du conseiller territorial, non installé à la fin de son mandat.
Les surfeurs Certains Présidents ont davantage surfé sur l’idée décentralisatrice, sans arriver véritablement à la concrétiser.
L’apport de Georges Pompidou (1969-1974) à la décentralisation sera de faire de la région un simple établissement public.
Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) considère le rapport Guichard de 1976 intitulé « vivre ensemble » comme une simple « base de travail » alors que ce rapport constitue en fait l’essentiel de la décentralisation des années 1980…
Jacques Chirac (1995-2007), issu pourtant du système « cantonalo-départemental », se sera contenté, en cours de route, de laisser son Premier ministre changer le fusil d’épaule en faveur du département plutôt que la région, en raison de résultats aux élections régionales de 2004 calamiteuses pour le pouvoir en place.
Les acteurs Finalement, et jusqu’ici, seul François Mitterrand (1981-1995) met en application une pensée décentralisatrice ; et ce, dès l’été de son élection. En moins de sept mois, ce qui deviendra la loi portant droits et libertés des communes, des départements et des régions est mise sur pied ouvrant la voie à la fin des tutelles qui pesaient jusqu’ici sur les collectivités locales.
Le parcours de François Hollande, l’expérience ministérielle en moins, s’inscrit d’ailleurs dans le sillage de François Mitterrand. Premier responsable d’un parti de gouvernement, élu local dans la plus pure tradition républicaine, avec la conquête successive des mandats de député puis de maire et enfin de président du conseil général, en terre radicale-socialiste, quel(s) rapport(s) entretiendra François Hollande avec la décentralisation ? En parfait connaisseur de la carte électorale et en inlassable voyageur dans les territoires durant ces trente dernières années, le nouveau Président sait parfaitement que les élections « intermédiaires » ne sont jamais favorables au pouvoir exécutif en place, comme cela se vérifie à chaque élection locale depuis 1976. Les premiers mois de son mandat seront donc déterminants quant aux orientations à donner.

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