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La marée était en noir

13 mars 2018 | 0 commentaire

16 mars 1978. Il y a 40 ans, alors que la France est en pleine campagne pour les élections législatives, un pétrolier, l’Amoco Cadiz, s’échoue au large des côtes bretonnes. Le respect de l’environnement n’en est qu’à ses balbutiements. Sur le terrain, l’action des élus locaux va être déterminante dans la reconnaissance de la responsabilité des géants du pétrole. Arrêt sur image avec la filmographie de François Truffaut.

La nuit américaine (de la pollution). Construit en 1974, l’Amoco Cadiz est un pétrolier de 234 000 tonnes, immatriculé au Libéria. D’une longueur de 330 mètres, plus long que la Tour Eiffel n’est haute, il est affrété par une filiale de la Standard Oil, un des géants du pétrole mondial. Le 16 mars 1978, alors que l’Amoco Cadiz double Ouessant (Finistère), la barre ne répond plus en raison d’une avarie de gouvernail. Parune mer démontée, et des creux de 8 mètres, toutes les tentatives de secourir le pétrolier vont échouer. La côte n’est plus très loin. Dans la soirée, le pétrolier talonne près de la côte. L’Amoco ne videra pas ses soutes à Rotterdam mais au large de Ploudalmézeau.

Les 400 coûts (de la réparation). Dès le lendemain de la catastrophe, les maires du canton, réunis à la mairie de Ploudalmézeau, laissaient exploser leur colère. Ils exigent que les pollueurs payent. Et, pour cela, ils demandent un procès. Le gouvernement voit naturellement d’un mauvais œil l’initiative des élus locaux. Quoi ? Se fâcher avec les majors du pétrole alors que le premier choc de 1973 a mis à mal l’indépendance énergétique et que le deuxième choc pétrolier se profile… Le 18 avril 1984, la Standard Oil est reconnue seule et unique responsable du naufrage de l’Amoco Cadiz. Huit ans plus tard, dans un jugement prononcé le 24 janvier 1992, la Cour d’appel des États-Unis pour le septième circuit condamne Amoco Corp (nouveau nom de la Standard Oil) et donne raison aux communes et à l’État français.

A bout de souffle (de résolutions)Les maires du littoral vont, durant des années, endosser le costume de la lutte contre les majors du pétrole et les géants du barreau américain. La ténacité du maire de Ploudalmézeau lui aura permis de fédérer l’ensemble des acteurs de ce désastre écologique. Le durcissement des conditions de franchissement de la Manche par les navires marchands a été imposé par les autorités maritimes après la catastrophe de 1978.

 

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