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Le mecano de la regionale

1 mars 2018 | 0 commentaire

Les régions dans le wagon de la réforme de la SNCF ! A première vue, les liens sont tenus entre la fin annoncée du statut des cheminots et le rôle des collectivités régionales. Et pourtant…  En voiture, à l’aide de quelques titres de films.

Le train sifflera trois fois. Bon d’accord, il y a les rapports… Prenons en trois parmi les plus récents : le rapport Barel sur les lignes d’aménagement du territoire (1995) ; le rapport Duron sur les trains d’équilibre d’un territoire (2015) et le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire (2018). Mais remontons un peu plus loin dans le temps, pour s’arrêter précisément à 1878. Cette année-là,  Charles de Freycinet, ministre des travaux publics, propose que toutes les sous-préfectures de métropole soient desservies par le rail, poursuivant ainsi l’oeuvre du Second Empire. Et zou ! Un plan de près de 10000 km pour près de 200 lignes voit le jour. Sa réalisation s’achève en 1914, année de l’apogée du réseau ferroviaire français. Voila tous les déserts français bel et bien reliés à Paris. Mais comment on finance ? Ben, par les compagnies privées, garanties par l’Etat. La SNCF n’existe pas encore…
Le train entre en gare de la Ciotat (pas que !). Pour faire la Lumière, sautons allégrement quelques décennies et précisons que, aujourd’hui, la compétence transport est la plus importante des régions, notamment en termes financiers. Par vagues successives de transferts – une expérimentation en 1995 avant généralisation en 2002 – les régions consacrent plus d’un quart de leurs budgets aux TER. Elles ont plutôt réussi, moyennant des engagements financiers massifs, là où l’Etat central avait laissé les lignes se déliter et ce, toutes majorités politiques confondues, en n’étant certes pas trop regardantes sur la recette de la potion, euh pardon des conventions de financements .
Le 15h17 pour Paris. Et si c’était les régions qui, demain, reprenaient en main les petites lignes ? En voilà une idée qu’elle est bonne ! Les zelus locaux pourraient difficilement la refuser. Ce sont eux, en effet, qui crient à l’abandon des territoires par l’Etat. Si l’Etat peut, dans un même élan, donner le sentiment qu’il prend en compte les intérêts des territoires tout en refilant la patate chaude du financement ou de la fermeture des petites lignes déficitaires aux zelus, pourquoi se gêner ?
Après tout, ce ne serait que la continuation de l’étoile de Legrand par d’autres moyens. L’étoile de Legrand ? Mais oui, du nom de l’ingénieur français qui dessina en 1841 le réseau ferroviaire français en étoile autour de Paris, qui decide et les autres qui paient, renforçant encore un peu plus la centralisation. Comme quoi le modèle français a encore de beaux jours devant lui.

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