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Pierre Mendès France, élu local

7 mai 2018 | 0 commentaire

Ça s’est passé un 8-mai. C’était en 1932. Ce jour-là, Pierre Mendès France est élu député de l’Eure. La mémoire collective en a retenu l’image du président du Conseil éphémère, négociateur de la fin du conflit indochinois, buvant du lait, et préparant les décrets concernant les bouilleurs de cru. Image réductrice de trente ans au service de la modernisation du monde rural, en tant que député, conseiller général, président du Conseil général de l’Eure.

Un territoire rural. Né en 1907, Pierre Mendès France commence sa vie politique à la fin des années 1920, en s’installant dans un terroir rural. Ce choix aura une influence décisive quant à sa prise de conscience des conditions de vie paysannes. Jeune Parisien de 20 ans, Mendès France part à la découverte de sa future circonscription dès 1929. Ses premières missions lui font prendre conscience de la difficulté à s’imposer lorsque l’on n’est pas originaire de la région…

Un modernisateur. Pierre Mendès France sillonne la campagne et visite avant 1932 les 111 communes de sa circonscription. Dans sa profession de foi de 1932, il souligne que « la culture a droit à une protection particulière des pouvoirs publics en raison de l’inorganisation de la profession agricole en face des grands trusts, des grands moulins, des sociétés d’engrais, de ramassage de lait ». Il suggère la modernisation des équipements, la mise en place de coopératives, de syndicats d’usagers, de mutuelles. Avocat au service d’une paysannerie en crise, il le sera autant dans sa circonscription de Louviers qu’à l’Assemblée. Il prononce son premier discours de député le 27 décembre 1932, au cours du débat sur le projet de loi relatif à l’organisation du marché du blé. Il appelle à l’écoute de la souffrance des petits agriculteurs, dénonce l’insuffisance des crédits de soutien du marché.

Une préoccupation de justice sociale. De 1945 à 1958, les interventions de Pierre Mendès France sont centrées sur une vision d’ensemble de l’agriculture française et la nécessité de sa modernisation. En 1947, Mendès France dépose un projet de loi sur le statut du fermage. On retrouve, dans cet aspect très méconnu de son action, les mêmes soucis de justice sociale, de modernité, de sens scrupuleux de la représentation fidèle par l’élu de son électeur.

 

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