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Retour vers le futur

23 juillet 2019 | 0 commentaire

Le 24 juillet fera date. C’est la loi qui le dit. En effet, Napoléon en personne a décidé d’alléger la tutelle sur les communes. Euh, mais en quelle année sommes-nous ? En 1867. Et il s’agit de Napoléon III, le neveu du Grand empereur. En effet, ce jour-là, l’État donnait plus de libertés aux communes. Suivez-nous dans cette anticipation rétrospective.

Haro sur la tutelle ? Pas vraiment, car le mot de tutelle rend bien compte et caractérise la défiance du pouvoir central sur le monde local. Les tentatives d’allégement de cette tutelle de l’État central ainsi que de celle du préfet ont été demandées à de multiples reprises. Ces demandes furent rejetées par le second Empire qui, à l’inverse, augmenta encore les pouvoirs de l’État, donnant le qualificatif « d’autoritaire » à cette période. En revanche, la deuxième partie de l’empire fut qualifiée de « libérale ». Napoléon III dut prendre en compte les aspirations à plus de libertés locales, en reconnaissant aux conseils généraux et aux conseils municipaux de véritables pouvoirs de décision, avec la loi du 10 juillet 1866 pour les départements et celle du 24 juillet 1867 pour les communes.

Plus de compétences ! Cette loi du 24 juillet 1867 doit donc être resituée dans la période dite « libérale » du Second Empire. Elle élargit les attributions propres des conseils municipaux. L’organisation de la police des grandes villes s’établit d’une façon forte, à tel point que la grande loi communale de 1884 ne la modifiera qu’à la marge… sauf pour Paris. Faut pas rêver quand même ! La même loi assouplit la durée des emprunts que peuvent souscrire les communes.

Une commission… déjà ! A la fin du Second Empire, juste avant l’écroulement de Sedan, le Président du Conseil, Emile Ollivier, réunit une commission extraparlementaire chargée de préparer une réforme des collectivités territoriales. Les membres composant cette commission se prononcent en faveur de la régionalisation, à l’instar de Waddington ou de Prévost-Paradol. Il faudra juste 80 ans pour la concrétiser…

A quelques décennies de distance, un observateur taquin pourrait se demander pourquoi les élus se plaignent encore ? Non mais, quelle ingratitude envers un pouvoir centralisateur et autoritaire, tutélaire et doux qui ne veut que leur bien…

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