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Rigoletto territorial

8 octobre 2018 | 0 commentaire

Ce mandat avait deux ans. Le périphérique parisien remplaçait les initiatives locales. Alors, dans Marseille, vieille ville phénicienne… C’est peu de dire que l’approche par l’Etat des questions territoriales sous l’actuel quinquennat s’opère de manière différente des mandats présidentiels précédents. Rien de tel qu’un petit détour par Verdi pour traduire ces différences, sinon expliquer l’impasse actuelle des relations entre l’Etat et « ses » collectivités.

Chœur des courtisans. Au début de l’actuel quinquennat, le projet de l’Etat pour le monde local a été axé sur la mise en place de la conférence nationale des territoires, en s’appuyant sur les métropoles, avec une maîtrise des finances sans couperet brutal et la réforme des institutions locales provenant des initiatives de terrain, comme en Alsace. Les difficultés, venues très vite, sont liées à une crispation grandissante des relations entre l’Etat et les collectivités. En juillet 2017, la première réunion de la conférence nationale des territoires (CNT) pouvait laisser augurer des relations constructives entre l’Etat et le monde local. Toutefois, l’annonce, quelques jours plus tard, de l’annulation de crédits destinés à l’aménagement du territoire a braqué les élus.

Chœur des pleureuses. Quinze mois plus tard, la pression n’est pas retombée et la crispation s’est manifestée de trois manières : tout d’abord, par le boycott de la conférence nationale des territoires (CNT) du 12 juillet 2018 par les trois principales associations d’élus que sont l’AMF, l’ADF et régions de France ; ensuite, par la fronde de ces mêmes trois principales associations, qui ont créé une association, intitulée « Territoires unis », à la suite du congrès des régions tenu à Marseille en fin septembre 2018 ; enfin, par les très fortes interrogations sur les « pactes de croissance », rejetés par près d’une centaine des 330 collectivités concernées, dont la moitié des départements et régions, contredisant ainsi les prévisions du gouvernement d’une validation aisée.

Chant des partisans. Le point d’orgue de la fronde des élus est la constitution d’une association de défense de la décentralisation par l’AMF, ADF et régions de France, en fin septembre 2018. Dans une approche résolument constructive, la proximité des échéances électorales locales, en 2020 et 2021, puis nationales, en 2022, doit permettre de sortir de l’ornière. Traiter enfin la question du mode de scrutin pour les métropoles, envisager un assouplissement possible des contraintes financières, sortir des textes consensuels au bénéfice des territoires, tels que la loi d’orientation des mobilités (LOM), ainsi que de relancer le mouvement des communes nouvelles.

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