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Et si les maires gouvernaient le monde ?

23 juillet 2015 | 0 commentaire

Professeur de sciences politiques, l’américain Benjamin Barber centre le propos de son dernier ouvrage intitulé Et si les maires gouvernaient le monde ? sur les maires des villes de 50.000 habitants et plus. Ci-après, une courte analyse de ce livre pour agrémenter la boîte à idées de la rentrée.

Pragmatisme. Pour le politologue américain, « les villes de plus 50 000 habitants se définissent par la communication, la créativité, la connectivité et la collaboration. Elles sont le moteur et la richesse collective des pays ». Ces collectivités sont les lieux naturels de la participation citoyenne. Sait-on à Paris qu’une ville de taille moyenne voit vivre et s’épanouir en permanence pas moins de 1000 associations vivantes ? C’est dans les villes que les personnes travaillent, s’engagent dans des associations. C’est dans ces mêmes villes que s’expérimentent le civisme et le dynamisme démocratique. Et même lorsque la période n’est pas enthousiasmante, les maires sont ce point de contact avec les citoyens. Comment expliquer autrement non pas la permanence des maires ?

Diversité. Chaque jour, le maire compose avec la réalité, apporte des solutions concrètes sur le terrain. Il lui faut par exemple gérer la tranquillité tout en animant sa ville ; agir pour le maintien de l’hôpital tout en encourageant les coopérations avec le établissements voisins ; assurer le meilleur équilibre entre le nombre d’établissements scolaires et les évolutions de la localisation des habitants; faire ramasser les ordures et inciter au civisme de la propreté…Le  maire doit trouver des solutions qui accommodent tout le monde, non pas dans le sens du compromis tiède, mais de la solution qui permettent le meilleur vivre ensemble. Les dossiers d’urbanisme en sont une bonne illustration.

Un parlement mondial des maires ? Bien sûr, l’idée de Benjamin Barber sur un parlement mondial va faire sourire d’avance, voire susciter de l’ironie, en voyant resurgir le spectre du gouvernement-monde de feue la Société des nations. Les réticences ? En voici un petit panorama : « il y a déjà des associations de ce type » (Cités unies, Climate cities…) ; « à quoi bon tout ça ? ». Et pourtant, n’est-ce pas ici que l’optimisme naturel américain reprend le dessus ? Car l’idée défendue par Benjamin Barber est avant tout politique. Elle part du constat que les associations actuelles sont à vocation thématique, empêchant de ce fait une approche d’ensemble, nécessaire à l’émergence d’actions d’envergure.

En 1848, Félicité de Lamennais proposait que l’on s’occupât d’abord des pouvoirs locaux avant de rédiger une constitution. Près de deux siècles plus tard, le local reste donc plus que jamais d’actualité ! Pour s’occuper aujourd’hui de façon pragmatique des grands sujets mondiaux… qui sont en fait ceux de la vie de tous les jours.

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