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SPQR – Le Sénat et le peuple régional

26 septembre 2017 | 0 commentaire

Le Sénat et le peuple régional. SPQR. De l’autre côté des Alpes, ces quelques lettres ont signifié la puissance de l’Empire. En France, après les élections sénatoriales de dimanche dernier, portons un regard sur le rapport de cette Assemblée aux territoires. En revisitant deux dates, 1875 et 1969, ainsi que les résultats des récentes élections.

1875. Cette année-là, le 24 février, la loi constitutionnelle du 24 février portant sur l’organisation du Sénat permet l’installation du régime républicain. Le Sénat est la pièce maîtresse du compromis entre monarchistes et républicains. L’origine de la représentation des collectivités territoriales par le Sénat est donc lointaine. Et dans le cursus honorum de la III° République, la présidence du Sénat constituera le point de passage (presque) obligé de l’accession à la présidence de la République.

1969. L’échec du référendum portant sur la réforme de la régionalisation et le Sénat contribue à jeter l’opprobre sur la Haute assemblée. D’aucuns, et notamment les gaullistes à l’époque, veulent en faire une assemblée de vieillards cacochymes et sourds aux réformes nécessaires du pas, face au « centralisme multiséculaire qui ne s’impose plus », selon les propos du premier président de la Cinquième République, prononcé à Lyon le 24 mars 1968. Après l’alternance de 1981, le Sénat croisera le fer avec le pouvoir exécutif ainsi qu’avec l’Assemblée nationale, notamment sur la réforme de la décentralisation. Ce qui n’empêchera pas moult sénateurs, de s’emparer des exécutifs locaux un an plus tard, et notamment des présidences de conseils généraux, à l’occasion des élections locales de 1982.

Aujourd’hui. Le parti du président de la République a échoué dans sa conquête de la haute Assemblée, préalable important si ce n’est nécessaire à la réussite de futures réformes constitutionnelles. Naturellement, l’archaïsme  supposé de l’Assemblée sera une fois de plus évoqué. Oubliant peut-être que le Sénat est le représentant des … territoires, à qui l’on a expliqué depuis le printemps qu’ils sont trop nombreux, qu’ils coûtent trop cher et que leur utilité est mise en question. Dès lors, faut-il s’étonner que le corps électoral sénatorial, représentant en grande partie des élections municipales de 2014, n’applaudisse pas des deux mains à son enterrement ? A Rome aujourd’hui, des esprits quelque peu taquins observeraient que  les vestiges du sigle SPQR sur les plaques d’égoût de la Ville éternelle. Pas de quoi jeter le bébé (sénatorial) avec l’eau du bain des réformes territoriales…

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