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Tour de France et collectivités locales

23 juillet 2013 | 0 commentaire

En cet été 2013, le Tour de France fête sa centième édition par un départ inédit de Corse. Comment cette épreuve née avec la Belle Époque a-t-elle pu s’installer mais surtout perdurer dans une France passée en un peu plus d’un siècle de la République naissante à la France décentralisée, en traversant deux guerres mondiales, et en résistant aux affres du dopage ? L’approche développée ici se veut résolument tournée vers les terroirs et la vie locale, vers les territoires et les élus locaux, en démontrant cet ancrage de la Grande Boucle dans la République décentralisée.

La République au village

Tour de France et collectivités locales – par Jean-Luc Boeuf

En cet été 2013, le Tour de France fête sa centième édition par un départ inédit de Corse. Comment cette épreuve née avec la Belle Époque a-t-elle pu s’installer mais surtout perdurer dans une France passée en un peu plus d’un siècle de la République naissante à la France décentralisée, en traversant deux guerres mondiales, et en résistant aux affres du dopage ? L’approche développée ici se veut résolument tournée vers les terroirs et la vie locale, vers les territoires et les élus locaux, en démontrant cet ancrage de la Grande Boucle dans la République décentralisée.

1903. La France sort à peine de l’affaire Dreyfus, dans une IIIe République marquée par de nombreuses « poussées de fièvre hexagonale ». Le régime a du mal à s’enraciner concrètement dans les « petites patries », en étant toujours meurtri par l’amputation des provinces perdues d’Alsace-Moselle en 1870-71. Les écoliers de l’école de Jules Ferry, « gratuite, laïque et obligatoire », étudient tous Le Tour de la France par deux enfants. Ce livre, publié à plus de 7 millions d’exemplaires en une génération, est devenu le véritable « petit livre rouge de la République », en entendant rendre la patrie visible et vivante. Dans ce contexte, un directeur de journal sportif, Henri Desgrange, fonde une épreuve qui va rencontrer, dès sa création, un très vif succès. Cette épreuve, c’est le Tour de France. Henri Desgrange est influencé par Maurice Barrès lequel collabore d’ailleurs au journal L’Auto. Il est plus patriote que républicain.

Cette alliance entre les patriotes et les républicains va trouver dans le Tour de France un allié surprenant, en confortant la croyance en l’unité géographique du pays. Car le territoire que le Tour va mettre en scène progressivement est unifié et quasi hexagonal, protégé par ses frontières naturelles, mers et montagnes.

2013. Avec un départ inédit de Corse, le Tour de France fête en cet été sa centième édition. Cent et non cent-dix épreuves au compteur puisque, depuis son lancement
en 1903, seules les guerres mondiales n’ont pas connu la Grande Boucle. Les scandales à répétition du dopage de la fin des années 1990, ou plus exactementles révélations sur le dopage, auraient pu se traduire par un délaissement de cette épreuve par le public. Or il
n’en a rien été. La durée des retransmissions de la télévision ne régresse pas et les quelque quinze millions de spectateurs se pressent toujours, chaque année, sur les routes du Tour. L’ambition commerciale des fondateurs est bien évidemment toujours présente, plaçant cette épreuve au rang des plus grandes compétitions mondiales, au même titre que les Jeux Olympiques ou la Coupe du monde de football.

Du côté des terroirs, de ces provinces traversées, de la province même pour employer un terme parisien un brin condescendant, la présence des élus sur les routes du Tour est une constante de l’histoire de la Grande Boucle. Maires des villes étapes, présidents
d’assemblées élues, et même certains présidents de la République manquent rarement l’occasion d’accueillir les coureurs sitôt la ligne d’arrivée franchie, de se mêler à la foule des spectateurs, de profiter de la présence des médias pour dire publiquement leur amour de la Grande Boucle. Considérée ainsi à l’aune des collectivités locales, la Grande Boucle révèle trois temps forts sur la longue durée :

  • L’âge des fondateurs a consisté littéralement à « emmener la République au village » ;
  • L’époque des développeurs a rendu possible l’enracinement de l’épreuve dans une France des édiles et des terroirs ;
  • Le temps des décentralisateurs a concrétisé la mise en place de politiques d’aménagement du territoire et a permis de rendre visible la communication des
  • collectivités locales, dans la foulée des grandes lois de décentralisation des années 1980.

Pour lire la suite de l’article paru dans Pouvoirs Locaux N° 97 II/2013 cliquer ici

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