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Tour de France et territoires (2)

2 juillet 2015 | 0 commentaire

L’Affaire Dreyfus plane sur la création du Tour de France ! A l’occasion du départ de la prochaine édition de l’épreuve phare du calendrier cycliste, parcourons en quelques étapes, les liens de ce monument du cyclisme avec les territoires. Aujourd’hui, la deuxième étape, la République au village, avec l’Affaire Dreyfus et les provinces perdues.

Affaire Dreyfus. L’ombre de l’affaire Dreyfus plane sur les débuts du Tour de France. En effet, derrière ce qui, au début du XXème siècle, est une rivalité commerciale entre deux journaux – Le Vélo de Pierre Giffard et L’Auto d’Henri Desgrange – les positions contraires des protagonistes lors de cette « poussée de fièvre hexagonale » pour paraphraser l’historien Michel Winock vont favoriser la naissance de la Grande Boucle. Pierre Giffard est dreyfusard, au contraire d’Henri Desgrange. Ainsi lorsque l’un des journaux fait état de positions dreyfusardes, certains actionnaires favorisent l’autre journal, anti-dreyfusard, L’Auto, de couleur jaune.

Spectacle. Contraints d’organiser des manifestations toujours plus spectaculaires, les journalistes de L’Auto mettent sur pied l’idée d’un Tour reliant les principales villes de France : ce sera le Tour de France. Il faut comprendre « principales villes de France » au sens des grandes villes possédant un vélodrome, lieu de spectacle payant. Au contraire, le journal d’Henri Desgrange va proposer un spectacle gratuit pour les spectateurs qui se rendront sur les routes acclamer les coureurs.

Provinces perdues. Comme pour se réapproprier symboliquement les « provinces perdues », le Tour traverse la Moselle dès sa troisième édition, en 1906. Henri Desgrange sollicite pour cela les autorisations nécessaires auprès du gouverneur allemand. Dans l’esprit d’Henri Desgrange, son fondateur, le Tour doit être également l’occasion d’une régénération morale et physique de la Nation, après la défaite de 1870. Pour lui, les champions cyclistes sont de « rudes éveilleurs d’énergie ». Après la première édition de la Grande Boucle, il souligne les vertus d’une épreuve capable de « réveiller des centaines de kilomètres de pays endormis dans l’inaction physique, de montrer aux engourdis, aux indifférents, aux timorés, que le sport cycliste est toujours jeune, qu’il est toujours capable de nous étonner, susciter l’émulation, de l’énergie, de la volonté ».

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