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Tour de France et territoires (3)

2 juillet 2015 | 0 commentaire

A l’occasion du départ de la prochaine édition de l’épreuve phare du calendrier cycliste, parcourons en quelques étapes, les liens de ce monument du cyclisme avec les territoires. Aujourd’hui, la troisième étape, les maires et le Tour de France.

Ediles. L’un des premiers effets concrets de cette « République des maires », c’est l’énergie que vont déployer, dès les premiers Tours de France, les maires des villes étapes pour accueillir dans les meilleures conditions possibles la Grande Boucle. Il est important de rappeler que ceci se situe dans la droite ligne de la loi du 5 avril 1884, la « grande loi municipale », qui a véritablement lancé la décentralisation dans les quelque 38.000 communes en édictant comme règle principale que « le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune ». Certes, le choix du tracé est imposé aux maires par les organisateurs. Mais ces maires retenus, les heureux élus en quelque sorte, s’en accommodent fort bien ! Il faut rappeler que le premier tracé du Tour de France visait à relier les principales villes dotées de vélodrome. Dans les premières années du Tour, communes et Henri Desgrange s’accordaient par un simple échange de correspondances pour en arriver aujourd’hui à la rédaction et la signature de conventions en bonne et due forme. L’idée de faire payer une participation  aux villes remonte aux années 1930, lorsque la caravane publicitaire fit son apparition, dans un souci évident d’assurer l’équilibre financier du Tour. Les podiums d’arrivée montrent rassemblées les élites de la France notabiliaire de province.

Tracé. Au contact des édiles, le responsable du tracé du Tour de France est devenu au fil des décennies un personnage clé, lui qui « passe son temps à dessiner des hexagones, des hexagones à lui » comme l’a si bien décrit Erik Orsenna dans l’Exposition coloniale : Au contact des édiles, « Il exerçait le plus patriotique des métiers : traceur du Tour de France. Chaque année, c’était lui qui choisissait l’itinéraire. Il commençait par les métropoles, possibles villes-étapes. Il rencontrait le maire. « Ça vous plairait de recevoir la Grande Boucle ? » L’édile rougissait, balbutiait « bien sûr, bien sûr ». Alors Dekaerkove annonçait les tarifs, convoquait les hôteliers, donnait les consignes habituelles de morale, les règles de propreté ; dans la salle des mariages, il dictait un code minimum. Ensuite, il lui fallait concocter le parcours proprement dit, alterner les côtes et les faux plats, les descentes en lacet, les plaines où musarder avant le sprint final. A force, il connaissait toute la France, commune par commune. (…) J’ai rencontré d’autres phénomènes du genre de Dekaerkove dans les partis politiques. (…) Chez lui, la connaissance était plus paisible, sans conflit, un grand amour géographique. »[1]

[1] Erik Orsenna, L’Exposition coloniale, Paris, Editions du Seuil, 1988, p. 348-349

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