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Tour de France et territoires (6)

7 juillet 2015 | 0 commentaire

A l’occasion du Tour de France, parcourons en quelques étapes les liens de ce monument du cyclisme avec les territoires. Aujourd’hui, le sixième épisode de notre serie, avec l’influence de la décentralisation sur la Grande Boucle. A-t-elle changé le rapport des maires au Tour ?

Lois Defferre. Plus de trente ans près les lois Defferre de 1982-83 sur la décentralisation, la concurrence s’est accrue entre les collectivités territoriales pour accueillir des manifestations de prestige telles que le Tour de France. Mais contrairement à certaines idées reçues, la part des collectivités territoriales dans le budget du Tour de France est non seulement faible (moins de 10%) mais surtout en très forte diminution, puisqu’elles ont  représenté jusqu’à près du quart du budget de la société du Tour de France. Jacques Chirac à Paris, Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux ou Gaston Defferre n’auraient manqué cet événement sous aucun prétexte. Antoine Blondin ajoute non sans humour, en 1982, l’année même de la loi sur la décentralisation,  que « la compétition offrait la parfaite illustration de la Décentralisation jointe au respect de l’intérieur ». La silhouette exubérante de M. Gaston Defferre, double ministre (de l’Intérieur et de la Décentralisation) en l’occurrence, venait à l’esprit.

Coureur et élu local. Certains élus sont même d’anciens coureurs cyclistes professionnels qui se sont naguère illustrés dans la Grande Boucle : il en est ainsi de Jacques Marinelli, maire de Melun de la fin des années 1980 jusqu’aux années 2000 et qui réalisa un authentique exploit en se classant troisième du Tour de France 1949, derrière Fausto Coppi et Gino Bartali, les deux monstres sacrés du cyclisme transalpin qui comptent à eux deux quatre victoires dans le Tour et dix dans le Giro d’Italie ! Grand sprinter de l’équipe Peugeot dans les années 1970, Jacques Esclassan ramena le maillot vert du classement par points en 1977, l’année de la victoire de Bernard Thévenet, avant de devenir quelques années plus tard conseiller général du Tarn.

Magistrature d’influence. L’influence des hommes politiques a longtemps contribué à illustrer, plus qu’à établir naturellement, leur ancrage local. Deux exemples dans l’histoire récente du Tour le montrent. En 1980, le contre-la-montre individuel emmène les coureurs de Damazan à Laplume, dans le canton de Jean François-Poncet, à l’époque ministre des affaires étrangères du gouvernement Barre, sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Bernadette Chirac, conseillère générale de la Corrèze a accueilli la Grande Boucle dans son canton à plusieurs reprises de la fin des années 1980 aux années 2000. Philippe de Villiers obtint le départ de l’épreuve à de nombreuses reprises depuis Le Puy du Fou, en Vendée. Au total, la société du Tour de France reçoit trois fois plus de demandes qu’elle ne peut en offrir. Les petites communes retenues demandent des subventions à l’intercommunalité et au conseil départemental, voire au conseil régional, si bien que le millefeuille administratif français trouve sa déclinaison jusque dans la Grande Boucle ! Les demandes des collectivités locales, essentiellement des villes, dans le mécanisme de candidature s’inscrivent à la fois dans une politique de l’image et dans une politique sportive, avec la perspective de multiples retombées ; qui nécessitent toutefois des moyens importants, même si le « retour sur investissement » au sens économique reste tout simplement impossible à calculer !

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