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Contrepied

16 juillet 2018 | 0 commentaire

Ça s’est passé un 16 juillet. Presque une remontée des Champs ! Près de 15 jours avant l’arrivée du Tour. Mais, c’était en 1960. Le Tour de France va mettre pied à terre pour la seule fois de son histoire, afin de saluer un illustre visiteur, en la personne du général De Gaulle, attendant l’arrivée du peloton près de Colombey-les-Deux-Eglises. Derrière cet événement insolite, la relation du Tour avec les hommes politiques.

 

La République des maires. L’un des premiers effets concrets de la « République des maires » est l’énergie que vont déployer, dès les premiers Tours de France, les élus des villes étapes pour accueillir dans les meilleures conditions possibles la Grande Boucle. Certes, le choix du tracé leur est imposé par les organisateurs. Mais ces maires retenus – les heureux élus, en quelque sorte – s’en accommodent fort bien. Dans les premières années du Tour, Henri Desgrange son fondateur, « plus patriote que républicain et patriote parce que républicain », et les communes s’accordent par un simple échange de correspondances. Aujourd’hui, les relations sont cadrées juridiquement par des conventions. L’idée de faire participer financièrement les villes remonte aux années 1930, lorsque la caravane publicitaire fait son apparition, dans un souci évident d’assurer l’équilibre financier du Tour. A l’arrivée de chaque étape, les podiums d’arrivée montrent les élites de la France notabiliaire rassemblées.

Traceur du Tour de France. Contrairement à certaines idées reçues, la part des collectivités territoriales dans le budget du Tour de France est non seulement faible, avec moins de 10 %, mais surtout en très forte diminution. Cette participation a en effet représenté jusque près du quart du budget de la société du Tour de France. Au contact des édiles, le responsable du tracé de la Grande Boucle est devenu, au fil des décennies, un personnage clé, passant son temps à dessiner « des hexagones à lui », comme l’a écrit Erik Orsenna dans L’Exposition coloniale. Il « exerce alors le plus patriotique des métiers : traceur du Tour de France. Chaque année, c’est lui qui choisit l’itinéraire, commençant par les métropoles, possibles villes étapes. Il rencontre le maire : Ça vous plairait de recevoir la Grande Boucle ? L’édile rougit, balbutie bien sûr, bien sûr. »

Champions élus. Certains élus sont d’anciens coureurs cyclistes professionnels qui se sont naguère illustrés dans la Grande Boucle. Il en est ainsi de Jacques Marinelli, maire de Melun de la fin des années 1980 jusqu’aux années 2000, et qui réalisa un authentique exploit en se classant troisième du Tour de France 1949, derrière Fausto Coppi et Gino Bartali, les deux monstres sacrés du cyclisme transalpin. Sprinter de l’équipe Peugeot dans les années 1970, Jacques Esclassan ramena le maillot vert du classement par points en 1977, l’année de la victoire de Bernard Thévenet, avant de devenir, quelques années plus tard, conseiller général du Tarn.

 

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