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Vol au-dessus d’un nid de coût coup

13 février 2019 | 0 commentaire
PPP. Retour sur la décision du tribunal administratif de Marseille, rendue le 12 février 2019. Mot magique ? Car le partenariat public privé (PPP) devait, dans un même élan, soulager les finances publiques et réaliser les infrastructures, avec des coûts parfaitement maîtrisés et dans délais record. Mot honni ? Les détracteurs du PPP crient à l’abandon pur et simple du service public. Une visite de chantier s’impose donc !
Retour vers le futur. Juridiquement, un PPP consiste à faire réaliser un équipement public par une entreprise privée. Financièrement, la puissance publique doit démontrer que le bilan de l’opération est, au final, plus avantageux que l’utilisation de la procédure classique. Techniquement, la collectivité publique est déchargée de toutes les opérations de montage. Elle s’acquitte d’un loyer après réalisation.
Vol au-dessus d’un nid de coût coup. Ou le PPP : un « coup » qui a un « coût ». Le dispositif semble importé du droit anglo-saxon. Mais en réalité, cette technique de financement des infrastructures n’est que la remise au goût du jour de la manière dont Haussmann a remodelé Paris sous le second Empire. Dans les années 2000, le PPP a surtout servi à réaliser des infrastructures que l’on a payées… ensuite. On comprend que l’Etat y ait eu largement recours dans les années 2000 ! En effet, cela revient à disposer du joujou sans avoir déboursé un sou ex ante… Politiquement, les opposants au PPP dénoncent un véritable abandon de maîtrise et de savoir faire tout autant que de la gestion des priorités, dans le cas de rénovations de dizaines d’école comme dans le cas marseillais.
Danse avec les loups. La décision du tribunal administratif de Marseille va certainement relancer le débat et, peut-être, mettre un coup d’arrêt à cette technique. Mais n’oublions pas que, dans tous les grands pays développés, les infrastructures n’ont jamais été conçues dans un souci de rentabilité mais pour servir le bien commun. Or, celui-ci se mesure sur un temps très long. Ce n’est pas par hasard si les majors du BTP se sont précipités dans l’acquisition des sociétés d’autoroutes… déjà réalisées, avec à la clé de juteux bénéfices.
Mais dites donc, vous voulez que tonton LAPI fasse refermer sur vous les barrières de péage aux abords de Narbonne lorsque vous emprunterez l’A9 l’été prochain ?

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