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GEND#12-14 : Le dimanche de Bouvines

27 juillet 2020 | 0 commentaire
27 juillet 1214. Philippe Auguste, sa garde de sergents d’armes, ses chevaliers et ses milices communales, remportent à Bouvines, près de Lille, une victoire sur l’empereur Othon, allié du roi d’Angleterre, Jean sans Terre. Retour sur le dimanche de Bouvines, pour reprendre le titre de l’historien Georges Duby, aux origines de ces liens entre une France en construction, les communes, tantôt alliées tantôt rebelles, et les gens d’armes.

Roi de France et communes. La victoire de Bouvines est due à la coopération de la chevalerie féodale et des milices communales. Pour la première fois, chevaliers et milices communales combattent ensemble sous l’emblème royal de la fleur de lys ; ce qui donne à la guerre un caractère national inédit. Le mouvement des communes vers la liberté a commencé au XIe siècle, pour se prolonger jusqu’au XIIIe. Philippe Auguste eut, le premier, une politique suivie et favorable à l’égard de la bourgeoisie des villes. Il jugea utile à l’autorité royale et à la sécurité du royaume de soutenir les communes existantes et d’en créer de nouvelles, surtout à la frontière du domaine, pour s’attacher leur fidélité. Il y eut donc sous son règne un élan des communes dans le Nord et dans le midi.
Roi et gens d’armes. Le mot gendarme vient de l’ancien français « gens d’armes », les hommes d’armes. De la fin du Moyen Âge au début de l’époque moderne, le terme va désigner une troupe d’élite de cavaliers fortement armés, de noble naissance, servant dans l’armée française. Cette troupe disparaîtra toutefois à la fin du xviiie siècle pour des raisons… d’économie. L’expression va acquérir une connotation nouvelle après la Révolution  française, lorsque la maréchaussée de l’Ancien Régime, a été rebaptisée « gendarmerie nationale » en 1791 car elle n’est plus au service du roi mais de la nation.
Une nation en marche. L’ouvrage de Georges Duby est bien plus que le récit d’une des journées qui ont fait la France. Dans la longue route de la construction de la France, Georges Duby y concilie l’esprit des Annales, celle de la longue durée, avec l’événementl’analyse des structures sociales et l’histoire événementielle.
Huit siècles plus tard, dans les territoires, maires et gendarmes perpétuent ce lien, par une présence constante. Oui, l’histoire de France est un bloc et « les hommes de progrès sont ceux qui ont un respect profond du passé », ainsi qu’a pu le dire Renan dans son discours à la Nation francaise.

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