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Pan sur le bec !

16 avril 2020 | 0 commentaire

Le Tour de France aura bien lieu. Contrairement à ce que l’auteur de ces lignes envisageait il y a quelques jours. Mea culpa donc. ASO, l’organisateur du Tour, plus fort que les JO, le festival d’Avignon et l’UEFA, quitte à écraser au passage le Giro et la Vuelta. Chapeau bas ou plutôt casquette basse. Enfourchez votre vélo (d’appartement) pour quelques rappels historiques.

La légende des cycles. Ce siècle (le XXéme) avait trois ans, la République remplaçait peu à peu l’Empire, la monarchie et les espérances vélorutionnaires. Le Tour de France naquit. En presque 120 ans, seules les deux guerres mondiales l’ont empêché de tracer sa route. Même en 1947, il eut lieu et Vincent Auriol, président de la République façon IVème, s’enquit des quantités d’essence pour la caravane. Même en 1968, il put partir (de Vittel, tout un programme…) et le PM s’intéressa de très près à la tenue de l’épreuve. Alors bon…

La France a la forme d’un Tour de France. Euh, enfin presque. Consacré lieu de mémoire, le Tour est une pédagogie du territoire national. Pendant longtemps, son tracé a épousé les frontières « naturelles » et a fini par imposer une image hexagonale du pays. Elle fait ainsi écho au Tour de la France par deux enfants, véritable petit livre jaune de la République, présent dans toutes les écoles. Henri Desgrange, le fondateur du Tour, réussit même à faire étape à Metz, de l’autre côté des Vosges, où le peloton fut reçu par le Gouverneur de Metz… Aujourd’hui, les tracés se sont éloignés des presque 6000 km des années 1920, lorsque les étapes dépassaient régulièrement les 400 km.

La fête de juillet. Bon, euh, là aussi… En septembre, il est certain que les barrières (d’arrivée) limiteront les gestes d’effusion. Sauf peut-être pour l’étape de la Planche des belles filles… parce qu’elle se déroulera un samedi, pour un contre-la-montre, la veille de l’arrivée. Laissons à Jean d’Ormesson, dans son roman Au plaisir de Dieu, l’explication de la pérennité du Tour : « beaucoup plus que Deschanel que Fallières, que Lebrun, Petit-Breton et Antonin Magne étaient les successeurs de Saint-Louis et d’Henri IV, puisqu’ils soulevaient le peuple et que le peuple les aimait (…) Peut-être voyions-nous en Leducq et Coppi des espèces de centaures (…) dont les exploits, même dérisoires, éveillaient encore en nous, par coureurs interposés, les très lointains échos de notre grandeur évanouie ? »

 

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